septembre 2013

« L’art d’être entrepreneur » à CrossKnowledge avec son co-fondateur Mickaël Ohana

Pour la création de CrossKnowledge en 2000, Mickaël Ohana a misé sur la diversité des expériences et des compétences. Interviewé par Décideurs TV, il nous parle de la place du e-learning dans la formation, mais aussi de sa volonté de partager une ambition entreprenariale avec ses collaborateurs, associés, clients et partenaires.

Le déclic de la création de CrossKnowledge

« Le déclic qui m’a amené à créer CrossKnowledge se résume en fait en un mot : e-learning, que j’ai rencontré fin 1999 en surfant sur le web. Et ce mot m’a tout de suite parlé ! Je me suis dit qu’il y avait des choses fabuleuses à faire dans ce secteur, qu’il allait être une véritable révolution, au moins aussi importante que le e-commerce, mais qu’à la différence du e-commerce, on allait pouvoir rendre la connaissance, le savoir, la formation, accessibles à tous. Et de voir un secteur qui se crée avec en plus cette dimension humaniste, je me suis dit « allons-y, faisons partie de cette révolution et lançons nous dans le e-learning ! ». »

La rencontre des associés de CrossKnowledge

« C’est probablement la chose la plus importante qui a fait que CrossKnowledge a aujourd’hui la place qu’il a dans le monde… Mes 3 associés, Pascal El Grably, Steve Fiehl et Hervé Goudchaux avaient beaucoup plus d’expérience que moi, j’avais alors 23 ans. Pascal El Grably était Directeur des ventes de Procter & Gamble et dirige aujourd’hui l’ensemble des opérations. Steve Fiehl était pour sa part le Directeur Général de la partie édition / multimédia du groupe Hachette – Lagardère. Il est intervenu sur l’ensemble de la création des produits de formation et avait cette finesse pédagogique et cette expertise. Hervé Goudchaux était DRH du groupe Carrefour et nous a apporté dès le départ cette vision internationale qui nous a beaucoup servi pour adapter nos solutions aux problématiques des ressources humaines de grandes entreprises. »

La place du e-learning dans la formation

« La place du e-learning en 2013 devient incontournable. Aujourd’hui, aux Etats-Unis c’est 25% des étudiants qui suivent des cursus en e-learning et c’est même 32% des heures de formation dans les entreprises qui sont faites à distance. C’est donc un phénomène colossal qui en France se voit, mais qui est aujourd’hui à hauteur de 10%. Donc on sait à quel point il y a un transfert de la formation traditionnelle en salle vers la formation à distance, et dans ce transfert, il y a beaucoup de choses : Il faut des contenus de grande qualité mais il faut aussi intégrer de nouvelles expériences d’apprentissage, un travail sur la motivation et adapter finalement l’enseignement en classes à un enseignement qui devient multimodal. C’est donc une véritable révolution qui se met en place et CrossKnowledge a trouvé sa place dans ce marché en aidant d’un côté les entreprises à intégrer ces problématiques à distance avec leur universités virtuelles et de l’autre les business schools ou les universités à faire de même mais cette fois-ci vis-à-vis des étudiants. »

Le succès de CrossKnowledge

« Il y a des opportunités qu’il faut savoir saisir lorsqu’on est entrepreneur. La première opportunité s’est présentée en 2003, avec HEC qui nous a proposé de co-créer des cours de e-learning avec certains de leurs professeurs, même chose en 2004 avec l’ESSEC. Ces partenariats ont été très importants au démarrage de CrossKnowledge mais il y a aussi les clients qui sont fondamentaux. Une anecdote, Valeo en 2005, qui avait l’habitude de former généralement des groupes de 10, 20, 30 ou 100 personnes, nous a dit « écoutez, avec votre solution on peut adresser tous les collaborateurs du groupe et on a besoin de changer globalement sa culture. On parle de 30000 collaborateurs dans 80 sites répartis sur de nombreux pays, est-ce que vous êtes capables de relever ce challenge et de nous accompagner ? ».
Et c’est au travers de ce type d’opportunités qui sont au final de gros challenges pour une entreprise – soit en termes d’exigence pédagogique, soit en termes de déploiements internationaux – quand on les relève et qu’on travaille au plus proche avec ses clients et ses partenaires, on arrive finalement à créer une belle entreprise. »

Les grandes évolutions du e-learning

« C’est un changement culturel essentiellement pour les populations en entreprise qui n’ont pas grandi avec le web, ça l’est beaucoup moins avec les jeunes générations et aujourd’hui on assiste à des adaptations à toute vitesse ; Non seulement on s’adapte au e-learning comme méthode d’apprentissage mais on s’adapte aussi au e-learning en tant qu’apprentissage collectif, ce qu’on peut appeler en anglais le « Peer to peer learning », c’est-à-dire que des communautés qui partagent les mêmes problématiques que moi et qui ont des expertises vont pouvoir m’aider à me développer.
Il y a aussi l’univers de l’apprentissage en mobilité. Que ce soit sur les téléphones portables ou sur des tablettes, toutes ces évolutions qui vont faire qu’on va emmagasiner de l’apprentissage dans un environnement pédagogique, avec des objectifs, dans une cohérence globale… Mais de façon beaucoup plus diverse que ce n’était le cas par le passé. Cette ouverture, cet accompagnement culturel, c’est quelque chose qu’il ne faut pas oublier quand on est un entrepreneur parce qu’il faut finalement transmettre son optimisme, sa confiance et une véritable excellence dans le déroulé des projets qu’on doit déployer avec nos clients. »

Les axes de développement de la société : l’international

« CrossKnowledge est déjà présent très fort en Chine et au Japon grâce à des partenaires et a développé des implantations dans pratiquement tous les pays d’Europe, et l’enjeu pour nous est notamment le continent américain. Donc je me suis installé et je fais de nombreux aller-retour aux Etats-Unis où CrossKnowledge est en train de rencontrer de très beaux résultats ; On a notamment gagné la majorité de nos « awards » aux Etats-Unis cette année. L’international est donc pour nous un enjeu de taille, on à aujourd’hui 17000 cours, disponibles en 16 langues donc il faut véritablement qu’on s’impose au niveau mondial.
Un autre enjeu c’est l’apprentissage sur mobile et les plateformes technologiques qui évoluent de plus en plus et qui permettent d’enrichir l’expérience pédagogique et d’éviter ce que souvent des utilisateurs du e-learning nous disent « je me sens seul devant l’ordinateur » pour retrouver le fun et l’esprit de collaboration et de partage à l’intérieur de l’apprentissage. »

La CrossKnowledge Foundation

« Cette initiative est fondamentale et dès le début de Crossknowledge avec mes associés, on partageait cette vision qui est de se dire que grâce au e-learning on va pouvoir donner accès à de l’éducation au maximum de personnes, mais de l’éducation de premier plan avec ces cours qu’on a fait avec HEC, avec l’ESSEC mais aussi avec Harvard et Stanford.
Alors d’un côté il y a les entreprises, les écoles qui sont effectivement nos clients, pour lesquels on intègre ça dans leur stratégie de ressources humaines mais à côté de ça, il y a de nombreuses personnes qui ne pourront pas avoir accès à CrossKnowledge si on ne décide pas de le leur donner à travers un système de fondation.
Donc pour réconcilier cette vision d’entreprise qui est que l’on doit véritablement changer la donne de l’accès à l’éducation il nous fallait CrossKnowledge l’entreprise mais aussi une vision « humanitaire » à travers cette fondation. »

Conseils aux nouveaux entrepreneurs qui souhaiteraient se lancer dans cette aventure

« C’est dur de généraliser, mais ce que je pense c’est qu’entreprendre c’est une aventure humaine avant tout et qu’il faut le faire avec des gens avec lesquels on partage à la fois une ambition autour du projet mais aussi des valeurs et des complémentarités et ça c’est vrai au niveau des associés mais aussi au niveau de l’ensemble des collaborateurs qui doivent rejoindre une entreprise et même au niveau des clients, c’est un écosystème global. Un entrepreneur ou une équipe d’entrepreneurs c’est cette énergie qui va faire qu’elle va être rejoint par des clients qui ont accepté d’innover, de prendre un risque au départ mais aussi des collaborateurs qui vont vouloir porter la vision, et finalement c’est un état d’esprit. Et il faut que cet état d’esprit ou ces valeurs se retrouvent… Souvent c’est important quand on créée une boite de faire un travail sur les valeurs dès le départ – ce n’est pas uniquement l’apanage des grands groupes – et de faire en sortes que tout le monde saches pourquoi il est là, dans quelle direction on va et quel est l’ADN de cette création d’entreprise. »

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